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Le '''''Madeleine Project''''' est un web-documentaire réalisé par '''Clara Beaudoux''' et initialement diffusé sur [https://fr.wikipedia.org/wiki/X_(r%C3%A9seau_social) Twitter]. Construit selon une logique sérielle, il se déploie en cinq saisons publiées successivement entre le 2 novembre 2015 et le 5 novembre 2017.
Le '''''Madeleine Project''''' est un web-documentaire réalisé par '''Clara Beaudoux''' et initialement diffusé sur [https://fr.wikipedia.org/wiki/X_(r%C3%A9seau_social) Twitter]. Construit selon une logique sérielle, il se déploie en cinq saisons publiées successivement entre le 2 novembre 2015 et le 5 novembre 2017. Ce projet a par ailleurs été adapté sous forme imprimée avec deux ouvrages édités par les Éditions du sous-sol. Le premier, paru en 2016, [[File:photo 1 ouverture.jpg|thumb|Ouverture du ‘’Madeleine Project’’, Edition du Sous-Sol, 2016]] rassemble les deux premières saisons, correspondant aux publications de novembre 2015 et février 2016. La seconde édition est sortie en 2017 et comporte les 4 premières saisons.


Ce projet a par ailleurs été adapté sous forme imprimée avec deux ouvrages édités par les Éditions du sous-sol. Le premier, paru en 2016, [[File:photo 1 ouverture.jpg|thumb|Ouverture du ‘’Madeleine Project’’, Edition du sous-Sol, 2016]] rassemble les deux premières saisons, correspondant aux publications de novembre 2015 et février 2016. La seconde édition est sortie en 2017 et comporte les 4 premières saisons.
Ce web-documentaire est fréquemment associé à la [https://fr.wikipedia.org/wiki/Twitt%C3%A9rature twittérature]. '''Clara Beaudoux''' dresse le portrait d’une anonyme tweet par tweet, un récit suivi par des milliers d’internautes conquis par ce reportage d’un genre nouveau, nommé « feuilleton 2.0 » ou « tweet-documentaire ». Cette approche en « feuilleton 2.0 » le rapproche des formats de publications sérielles propres aux fanfictions contemporaines, tels qu’on les trouve sur l’application [[Wattpad|''Wattpad'']] ou sur le site [[Archive of our own|''AO3'']].
 
Ce web-documentaire est fréquemment associé à la [https://fr.wikipedia.org/wiki/Twitt%C3%A9rature twittérature].
 
'''Clara Beaudoux''' dresse le portrait d’une anonyme tweet par tweet, un récit suivi par des milliers d’internautes conquis par ce reportage d’un genre nouveau, nommé « feuilleton 2.0 » ou « tweet-documentaire ».  
Cette approche en « feuilleton 2.0 » le rapproche des formats de publication sérielle propres aux fanfictions contemporaines, tels qu’on les trouve sur l’application [[Wattpad|''Wattpad'']] ou sur le site [[Archive of our own|''AO3'']].


== Séparation de la série ==
== Séparation de la série ==


==== On retrouve une série de tweets de 140 caractères, en plusieurs saisons : ====
==== On retrouve une série de tweets de 140 caractères, divisée en plusieurs saisons : ====


* Saison 1 en novembre 2015 : présentation des objets conservés dans la cave ;
* Saison 1 (novembre 2015) : présentation des objets trouvés dans la cave ;
* Saison 2 en février 2016 : entretiens avec les voisins et le filleul de Madeleine ;
* Saison 2 (février 2016) : entretiens avec les voisins et le filleul de Madeleine ;
* Saison 3 en juin 2016 : dévoilement de la correspondance amoureuse de Madeleine avec Loulou;
* Saison 3 (juin 2016) : révélation de la correspondance amoureuse entre Madeleine avec Loulou ;
* Saison 4 en avril 2017 : l'enquête continue aux Archives ;
* Saison 4 (avril 2017) : présentation de la suite de l'enquête aux Archives ;
* Saison 5 en novembre 2017 : en Hollande.
* Saison 5 (novembre 2017) : en Hollande.


== Contexte d’écriture du web-documentaire ==
== Contexte d’écriture du web-documentaire ==


En 2013, '''Clara Beaudoux''', alors journaliste web à France Info, emménage dans un appartement parisien dont la cave est restée intacte, le propriétaire n’en possédant plus la clé. Elle choisit alors de forcer l’accès en sciant le cadenas et découvre, derrière la porte, un espace encombré de coffres et de valises contenant les archives personnelles de l’ancienne occupante, une certaine Madeleine.
En 2013, '''Clara Beaudoux''', alors journaliste web, emménage dans un appartement dont la cave est restée intacte. Elle choisit alors de forcer l’accès et découvre, derrière la porte, un espace encombré de coffres et de valises contenant les archives personnelles de l’ancienne occupante, une certaine Madeleine.


Face aux traces laissées par cette femme énigmatique, née en 1915 et morte en 2012, Clara Beaudoux choisit de ne rien jeter, bien qu’elle ait obtenu l’accord du filleul de Madeleine pour disposer librement de ces effets. Ce n’est qu’en 2015, soit près de deux ans après sa découverte, qu’elle entreprend d’explorer systématiquement le contenu des boîtes, une démarche qu’elle décide de partager sur Twitter.
Face aux traces laissées par cette femme énigmatique, née en 1915 et morte en 2012, Clara Beaudoux choisit de ne rien jeter, bien qu’elle ait obtenu l’accord du filleul de Madeleine pour disposer librement de ces effets. Ce n’est qu’en 2015, soit près de deux ans après sa découverte, qu’elle entreprend d’explorer systématiquement le contenu des boîtes, une démarche qu’elle décide de partager sur Twitter.


Du 2 au 6 novembre 2015, la journaliste partage ainsi quotidiennement, sur les réseaux sociaux, ses découvertes accompagnées de commentaires et de photographies :  « ''Je tweetais le matin ce que j’avais découvert l’après-midi précédent. J’écrivais à mesure dans un carnet ce que je ressentais et je le réécrivais de manière assez spontanée, sous forme de tweet, une fois à mon bureau'' » <ref>”Sur la piste de Madeleine - La Presse+, 27 août 2015</ref>.
La journaliste partage quotidiennement, sur les réseaux sociaux, ses découvertes accompagnées de commentaires et de photographies :  « ''Je tweetais le matin ce que j’avais découvert l’après-midi précédent. J’écrivais à mesure dans un carnet ce que je ressentais et je le réécrivais de manière assez spontanée, sous forme de tweet, une fois à mon bureau'' » <ref> ''Sur la piste de Madeleine - La Presse+ '', 27 août 2015</ref>.
 
Le ''Madeleine Project'' fait ainsi émerger une double narration : d’une part, celle de Madeleine, figure inconnue dont la journaliste reconstitue le parcours à partir de fragments découverts fortuitement ; d’autre part, celle de Clara Beaudoux elle-même, qui se révèle progressivement à mesure qu’elle enquête sur l’ancienne occupante de son appartement : « ''Madeleine m’a poussée à dire “je”, tout en me laissant de quoi me cacher, derrière elle. C’est comme si elle m’avait donnée la main pour atteindre le seuil d’un monde entre rêve et réalité, entre présence et absence, entre ce qui a été et ce qui est'' » <ref>Stephane Bou, “La cave se rebiffe”, Le Canard enchaîné, 10 août 2016</ref>.


== Caractéristiques de la série ==
== Caractéristiques de la série ==


D’abord diffusé sur ''Twitter'', le tweet-documentaire de '''Clara Beaudoux''' a ensuite été décliné sur plusieurs supports numériques, notamment une version anglophone sur ''Twitter'', ainsi que sur ''Storify'', [https://fr.wikipedia.org/wiki/Facebook ''Facebook''], [https://fr.wikipedia.org/wiki/Tumblr ''Tumblr''] et un site [https://fr.wikipedia.org/wiki/WordPress ''WordPress''].
D’abord diffusé sur ''Twitter'', le tweet-documentaire de '''Clara Beaudoux''' a ensuite été décliné sur plusieurs supports numériques, notamment une version anglophone sur ''Twitter'', ainsi que sur ''Storify'', [https://fr.wikipedia.org/wiki/Tumblr ''Tumblr''] et un site [https://fr.wikipedia.org/wiki/WordPress ''WordPress''].


L’écriture adopte un registre intime, marqué par le tutoiement, et repose largement sur l’émotion ainsi que sur des effets de surprise. La journaliste mobilise également l’imaginaire de la [https://fr.wikipedia.org/wiki/Madeleine_de_Proust ''Madeleine de Proust''] pour nourrir son récit. Dans le cadre de son enquête, elle a par ailleurs recueilli des témoignages auprès des voisins et du filleul de Madeleine.
L’écriture adopte un registre intime, marqué par le tutoiement, et repose sur l’émotion ainsi que sur des effets de surprise. La journaliste mobilise également l’imaginaire de la [https://fr.wikipedia.org/wiki/Madeleine_de_Proust ''Madeleine de Proust''] pour nourrir son récit. Dans le cadre de son enquête, elle a par ailleurs recueilli des témoignages auprès des voisins et du filleul de Madeleine.


Le ''Madeleine Project'' fait émerger une double narration : d’une part, celle de Madeleine, figure inconnue dont la journaliste reconstitue le parcours à partir de fragments découverts ; d’autre part, celle de Clara Beaudoux elle-même, qui se révèle progressivement à mesure qu’elle enquête : « ''Madeleine m’a poussée à dire “je”, tout en me laissant de quoi me cacher, derrière elle. » <ref>Stephane Bou, ''La cave se rebiffe'', Le Canard enchaîné, 10 août 2016</ref>.
Ce dispositif narratif donne lieu à un récit hybride, à la fois biographique et autobiographique, dans lequel Clara Beaudoux se dévoile progressivement en établissant des échos entre la vie de Madeleine et la sienne.
Ce dispositif narratif donne lieu à un récit hybride, à la fois biographique et autobiographique, dans lequel Clara Beaudoux se dévoile progressivement en établissant des échos entre la vie de Madeleine et la sienne.


==  Critiques et débats ==
==  Critiques et débats ==


Pour certains, le ''Madeleine Project'' constitue une intrusion dans la vie privée d’une femme qui n’a pas consenti à entrer dans le domaine public et qui n’est plus en mesure de faire respecter son droit à l’intimité <ref>Camille Causse, « Camicaos – La délicate utilisation des archives intimes »</ref>. À l’inverse, d’autres personnes considèrent que le récit de Madeleine relève d’une mémoire collective et mérite d’être partagé, car il offre une vision d’une époque à travers les expériences de citoyens ordinaires plutôt qu’au seul prisme des événements historiques majeurs.
Pour certains, le ''Madeleine Project'' constitue une intrusion dans la vie privée d’une femme qui n’a pas consenti à entrer dans le domaine public et qui n’est plus en mesure de faire respecter son droit à l’intimité <ref>Camille Causse, ''Camicaos – La délicate utilisation des archives intimes''</ref>. À l’inverse, d’autres personnes considèrent que le récit de Madeleine relève d’une mémoire collective et mérite d’être partagé, car il offre une vision d’une époque à travers les expériences de citoyens ordinaires plutôt qu’au seul prisme des événements historiques majeurs.
 
== Apports ==
 
Bien qu'il ne constitue pas le premier écrit de twittérature, le ''Madeleine Project'' fait partie des plus importantes oeuvres de twittérature francophone, et demeure tout de même l'une des premières.
 
Le [https://fr.wikipedia.org/wiki/Microblog microblogging] que l'on retrouve sur Twitter pousse la littérature à quitter les espaces pensés pour l’expression littéraire et à s’imposer à l’intérieur des dialogues sociaux :
 
<blockquote>« L’écriture par Twitter relève d’un détournement d’une technologie au profit d’un désir d’écriture, celui de produire une théorie d’états d’âme une météorologie de l’humeur du lieu, un flux atomistique d’autant plus transitoire qu’il accepte de dissoudre sa propre voix dans le bruit immense de la présence textuelle numérique d’autrui. Cette discontinuité, qui interdit de constituer le texte en une nappe unifiée dont la lecture serait prévisible et maîtrisable, produit des fragments qui s’exposent et se détachent poétiquement de la temporalité énonciative globale, de la timeline sociale pour acquérir une portée expressive. » <ref> Alexandre Gefen, ''Ce que les réseaux font à la littérature''</ref> </blockquote>


Le ''Madeleine Project'' alimente ainsi une réflexion plus globale sur la définition et les limites du champ littéraire, tout en soulevant des questions relatives à la gestion et au devenir des archives personnelles après la mort.
Le ''Madeleine Project'' alimente ainsi une réflexion globale sur la définition et les limites du champ littéraire de par son format initial.


== Adaptation en livres ==
== Adaptation en livres ==


*'''Clara Beaudoux, ''Madeleine Project'', édition du sous-sol, 2016''' : Ce livre réunit l’ensemble des tweets de la saison 1 et 2 du ''Madeleine Project'' en un recueil-reportage, comme ces « Petites Madeleines » de Marcel Proust « moulées dans la valse rainurée d’une coquille de Saint-Jacques ».
*'''Clara Beaudoux, ''Madeleine Project'', Edition du Sous-sol, 2016''' : Ce livre réunit l’ensemble des tweets de la saison 1 et 2 du ''Madeleine Project'' en un recueil-reportage.
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*'''Clara Beaudoux, ''Madeleine Project'', édition du sous-sol, 2017'''
*'''Clara Beaudoux, ''Madeleine Project'', Edition du Sous-sol, 2017''' : Ce livre réunit les 4 premières saisons.


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== Notes et références ==
== Notes et références ==

Dernière version du 10 avril 2026 à 18:00

Le Madeleine Project est un web-documentaire réalisé par Clara Beaudoux et initialement diffusé sur Twitter. Construit selon une logique sérielle, il se déploie en cinq saisons publiées successivement entre le 2 novembre 2015 et le 5 novembre 2017. Ce projet a par ailleurs été adapté sous forme imprimée avec deux ouvrages édités par les Éditions du sous-sol. Le premier, paru en 2016,

Ouverture du ‘’Madeleine Project’’, Edition du Sous-Sol, 2016

rassemble les deux premières saisons, correspondant aux publications de novembre 2015 et février 2016. La seconde édition est sortie en 2017 et comporte les 4 premières saisons.

Ce web-documentaire est fréquemment associé à la twittérature. Clara Beaudoux dresse le portrait d’une anonyme tweet par tweet, un récit suivi par des milliers d’internautes conquis par ce reportage d’un genre nouveau, nommé « feuilleton 2.0 » ou « tweet-documentaire ». Cette approche en « feuilleton 2.0 » le rapproche des formats de publications sérielles propres aux fanfictions contemporaines, tels qu’on les trouve sur l’application Wattpad ou sur le site AO3.

Séparation de la série

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On retrouve une série de tweets de 140 caractères, divisée en plusieurs saisons :

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  • Saison 1 (novembre 2015) : présentation des objets trouvés dans la cave ;
  • Saison 2 (février 2016) : entretiens avec les voisins et le filleul de Madeleine ;
  • Saison 3 (juin 2016) : révélation de la correspondance amoureuse entre Madeleine avec Loulou ;
  • Saison 4 (avril 2017) : présentation de la suite de l'enquête aux Archives ;
  • Saison 5 (novembre 2017) : en Hollande.

Contexte d’écriture du web-documentaire

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En 2013, Clara Beaudoux, alors journaliste web, emménage dans un appartement dont la cave est restée intacte. Elle choisit alors de forcer l’accès et découvre, derrière la porte, un espace encombré de coffres et de valises contenant les archives personnelles de l’ancienne occupante, une certaine Madeleine.

Face aux traces laissées par cette femme énigmatique, née en 1915 et morte en 2012, Clara Beaudoux choisit de ne rien jeter, bien qu’elle ait obtenu l’accord du filleul de Madeleine pour disposer librement de ces effets. Ce n’est qu’en 2015, soit près de deux ans après sa découverte, qu’elle entreprend d’explorer systématiquement le contenu des boîtes, une démarche qu’elle décide de partager sur Twitter.

La journaliste partage quotidiennement, sur les réseaux sociaux, ses découvertes accompagnées de commentaires et de photographies : « Je tweetais le matin ce que j’avais découvert l’après-midi précédent. J’écrivais à mesure dans un carnet ce que je ressentais et je le réécrivais de manière assez spontanée, sous forme de tweet, une fois à mon bureau » [1].

Caractéristiques de la série

[modifier]

D’abord diffusé sur Twitter, le tweet-documentaire de Clara Beaudoux a ensuite été décliné sur plusieurs supports numériques, notamment une version anglophone sur Twitter, ainsi que sur Storify, Tumblr et un site WordPress.

L’écriture adopte un registre intime, marqué par le tutoiement, et repose sur l’émotion ainsi que sur des effets de surprise. La journaliste mobilise également l’imaginaire de la Madeleine de Proust pour nourrir son récit. Dans le cadre de son enquête, elle a par ailleurs recueilli des témoignages auprès des voisins et du filleul de Madeleine.

Le Madeleine Project fait émerger une double narration : d’une part, celle de Madeleine, figure inconnue dont la journaliste reconstitue le parcours à partir de fragments découverts ; d’autre part, celle de Clara Beaudoux elle-même, qui se révèle progressivement à mesure qu’elle enquête : « Madeleine m’a poussée à dire “je”, tout en me laissant de quoi me cacher, derrière elle. » [2]. Ce dispositif narratif donne lieu à un récit hybride, à la fois biographique et autobiographique, dans lequel Clara Beaudoux se dévoile progressivement en établissant des échos entre la vie de Madeleine et la sienne.

Critiques et débats

[modifier]

Pour certains, le Madeleine Project constitue une intrusion dans la vie privée d’une femme qui n’a pas consenti à entrer dans le domaine public et qui n’est plus en mesure de faire respecter son droit à l’intimité [3]. À l’inverse, d’autres personnes considèrent que le récit de Madeleine relève d’une mémoire collective et mérite d’être partagé, car il offre une vision d’une époque à travers les expériences de citoyens ordinaires plutôt qu’au seul prisme des événements historiques majeurs.

Apports

[modifier]

Bien qu'il ne constitue pas le premier écrit de twittérature, le Madeleine Project fait partie des plus importantes oeuvres de twittérature francophone, et demeure tout de même l'une des premières.

Le microblogging que l'on retrouve sur Twitter pousse la littérature à quitter les espaces pensés pour l’expression littéraire et à s’imposer à l’intérieur des dialogues sociaux :

« L’écriture par Twitter relève d’un détournement d’une technologie au profit d’un désir d’écriture, celui de produire une théorie d’états d’âme une météorologie de l’humeur du lieu, un flux atomistique d’autant plus transitoire qu’il accepte de dissoudre sa propre voix dans le bruit immense de la présence textuelle numérique d’autrui. Cette discontinuité, qui interdit de constituer le texte en une nappe unifiée dont la lecture serait prévisible et maîtrisable, produit des fragments qui s’exposent et se détachent poétiquement de la temporalité énonciative globale, de la timeline sociale pour acquérir une portée expressive. » [4]

Le Madeleine Project alimente ainsi une réflexion globale sur la définition et les limites du champ littéraire de par son format initial.

Adaptation en livres

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  • Clara Beaudoux, Madeleine Project, Edition du Sous-sol, 2016 : Ce livre réunit l’ensemble des tweets de la saison 1 et 2 du Madeleine Project en un recueil-reportage.

  • Clara Beaudoux, Madeleine Project, Edition du Sous-sol, 2017 : Ce livre réunit les 4 premières saisons.

Notes et références

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  1. Sur la piste de Madeleine - La Presse+ , 27 août 2015
  2. Stephane Bou, La cave se rebiffe, Le Canard enchaîné, 10 août 2016
  3. Camille Causse, Camicaos – La délicate utilisation des archives intimes
  4. Alexandre Gefen, Ce que les réseaux font à la littérature