Cent mille milliards de poèmes
Oeuvre originale
Cent mille milliards de poèmes est une oeuvre combinatoire de poésie écrite par Raymond Queneau et publiée chez les éditions Gallimard en 1961. Elle offre au lecteur la possibilité de créer un sonnet parmi les 10 exposant 14 (nombre de vers dans un sonnet) sonnets possibles. On peut penser pour cela que l'oeuvre constitue le plus grand recueil de poèmes du monde. Le concept singulier de cette oeuvre se prête très bien à des adaptations numériques.
Adaptations numériques
Plusieurs adaptations informatiques ont été réalisées et ce, dès les années 1960. Ces expérimentations informatiques sont en adéquation avec le geste de Queneau, qui lui vise l'expérimentation littéraire en tant que membre de l'Oulipo.
Successivement, D. Starynkevitch dans les années 60, P. Braffort en 1975, et T. Papp en 1988 programment des outils informatiques permettant de générer des poèmes. Une logiciel sur CD-Rom est vendue en 2004 par les éditions Gallimard, sur le disque Machines à écrire de Paul Denize.

Version de Magnus Bodin
L' "expérimentaliste" suédois Magnus Bodin implémente en 1997 une adaptation traduite en suédois et en anglais. Le générateur de texte distribue aléatoirement les vers écrits par Queneau afin de créer une nouvelle combinaison chaque fois que l'utilisateur l'active ou recharge la page,[1], à l'image des oeuvres love letters de Christopher S. Strachey ou Mémoire vive de Pierre Ménard. Cette page est toujours accessible (voir ici). Elle permet aujourd'hui d'accéder en instantané à l'oeuvre de Queneau. Même s'il n'est pas possible, comme sur le livre papier, de combiner à l'envie son propre poème unique, cet outil combinatoire est toujours amusant et laisse percevoir l'infinité de possibilité qu'offre l'oeuvre. "Contrairement à son homologue de papier, une page web est parfaitement opaque, sans volume ou profondeur apparente : la page du site affiche uniquement ici le résultat de la composition machinique des sonnets en en masquant le processus, là où l’édition de 1961 avait pour particularité de mettre en scène cette composition. La composition elle-même, parce qu’algorithmique, est en effet proprement illisible : relevant du code, et donc du calcul informatique, elle ne se fait pas en langue naturelle et est exclue de l’affichage destiné aux lecteurs." [2]