Aller au contenu

Nouvelle Déclaration d'Indépendance du Cyberespace

De Wiki Edit

Présentation

[modifier]
Olivier Ertzscheid, auteur de la Nouvelle Déclaration d'Indépendance du Cyberespace

La Nouvelle Déclaration d'Indépendance du Cyberespace [1] est un manifeste revendicatif écrit au nom de la communauté du cyber espace, critiquant la mainmise des grandes entreprises sur l'espace du web. Publiée sur une tribune libre du journal Libération le 9 février 2018 et écrite par Olivier Ertszcheid cette déclaration fait référence à la Déclaration d'Indépendance du Cyberespace [2], publiée le 9 février 1996 par John Perry Barlow, qui proclamait l'indépendance du net face aux tentatives de législation de la part des États, et qui elle même fait référence à la Déclaration d'Indépendance des États-Unis d'Amérique du 4 juillet 1776.

L'auteur

[modifier]

Biographie Professionnelle

[modifier]

Olivier Ertzscheid est un maître de conférence à l'université de Nantes depuis septembre 2007, en sciences de l'information et de la communication. [3]

Positions

[modifier]

Olivier Ertzscheid est connu pour ses positions en faveur des communs de la connaissance : il défend le droit à disposer de la connaissance et de la recherche gratuitement et librement sur le net. Il s'est mobilisé en octobre 2014 contre le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), dont un département, l'Institut de l'Information Scientifique et Technique (Inist) qui commercialisait un catalogue de notices scientifiques. Olivier Ertzscheid s'est insurgé contre ces pratiques, car l'Inist commercialisait ces notices sans l'autorisation des auteurs, et sans que des droits d'auteur ne leur soient reversés. De plus, beaucoup de ces notices étaient déjà disponibles en libre accès sur internet.[4]

C'est dans son blog que l'enseignant chercheur développe ses positions vis à vis du web.

Contenu

[modifier]

Reprise de la Déclaration d'Indépendance du Cyberespace de J. P. Barlow

[modifier]

John Perry Barlow ouvre la Déclaration d’Indépendance du Cyberespace par un à propos à charge contre la réforme des télécommunications du Sénat Américain, qui limite la liberté d’expression dans le cyber espace. Dans son préambule, Olivier Ertzscheid reprend des passages du texte de J. P. Barlow, afin d’en faire un commentaire actuel. Dans le corps même de la déclaration, les styles se ressemblent : ils interpellent tous deux des « géants » [2] [1] qualifiés de « fatigués » [2] [1] (« weary » dans la version originale) pour leur intimer de laisser libre le cyber espace. Là où Barlow parle « au nom du futur » (« in behalf of the future »[2]), Olivier Ertzcheid parle plus précisément « au nom du présent que vous avez institué »[1]. Ces premières lignes montrent bien que la Nouvelle Déclaration d’Ertzscheid répond bien à une volonté de « réécrire » [1] (comme exprimé dans son préambule) celle de J. P. Barlow. Il reprend aussi les mêmes thèmes : la gouvernance des états/plateforme, Mais l’objectif de l’écrivain est d’actualiser le propos de l’américain, et de rediriger l’accusation qu’il portait aux états vers les « plateformes aux tons pastels et logos colorés »[1].

Critique des GAFAM et actualisation du propos

[modifier]

Olivier Ertzscheid utilise cette nouvelle déclaration d'indépendance pour faire un état des lieux du Cyberespace et de sa gouvernance, 22 ans après cette de Barlow. Il remarque que les États qui inquiétaient tant son prédécesseur n'ont plus tant de pouvoir sur le web, et que ce sont des entreprises multinationales, les plateformes qui ont repris ce rôle à leur compte, imposant une politique et forme de gouvernance qu'il réfute.

Le terme GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) désigne les géants du net, plateformes de contenu ou marchandes (et souvent les deux), et englobe bien plus que les entreprises désignées par leurs initiales : on peut citer Youtube comme plateforme dont, comme les autres, les "déterminismes calculatoires recréent un monde où sont reconduits tous les privilèges et tous les préjugés découlant de la race, du pouvoir économique, de la force militaire ou de la naissance" [1]. La littérature du net est elle aussi déterminée par les plateformes et algorithmes, et on peut citer le site Wattpad qui a évolué pour marchandiser le contenu produit gratuitement par des auteurices à ses lecteurices, et insérer de la publicité dans la lecture.

Dans son texte, l'auteur critique la gouvernance capitaliste du cyberespace, accusant les grandes entreprises d'y gouverner grâce à leurs algorithmes, et la récupération des données personnelles des utilisateurs pour réaliser une surveillance de masse. Cette gouvernance des plateformes recrée, selon lui, les rapports sociaux de la réalité en réduisant au silence les identités alternatives ou marginales. Il prend la voix de l'ensemble des utilisateurs du cyberespace pour exprimer ce refus de la souveraineté des plateformes.

Réponse critique

[modifier]

Médiatique

[modifier]

Peu de médias ont réagi au texte d'Olivier Ertzscheid, mais notons tout de même qu'il se fait taxer de faire partie des "idéalistes qui croient encore à l'internet libre". [5]

Autres

[modifier]

Une (nouvelle) nouvelle déclaration d'indépendance du cyberespace

[modifier]

Une autre déclaration d'indépendance du cyberespace a été postée en ligne le 2 novembre 2021, qui comme celle d'Olivier Ertzscheid, est elle aussi orientée vers une critique des géants du web. Elle est portée par une blockchain, aucun auteur n'est mentionné et le propos "bascule d'une logique d'indépendance à une logique d'interdépendance". [6] Chacun semble libre d'en faire une copie et de la modifier, par un moyen appelé "forking". Chacun est aussi libre de la signer pour y apporter son soutien.

Notes de bas de page

[modifier]
  1. 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 Olivier Ertzscheid, Une Nouvelle Déclaration d'Indépendance du Cyberespace, publiée le 9 février 2018 sur une Tribune du journal Libération, hébergé à l'adresse suivante, https://www.liberation.fr/debats/2018/02/09/une-nouvelle-declaration-d-independance-du-cyberespace_1628377/, consultée le 11 mai à 16h04
  2. 2,0 2,1 2,2 et 2,3 J. P. Barlow, A Declaration of the Independance of Cyberspace, posté le 9 février 1996 sur un forum de discussion, depuis Davos en Suisse, archivé à l'adresse suivante :https://www.eff.org/cyberspace-independence
  3. Page LinkedIn d'Olivier Ertzscheid, hébergée à l'adresse https://www.linkedin.com/in/olivierertzscheid/, consultée le 12 mai 2026 à 13h22.
  4. Aurélie Champagne, "Le CNRS, "pignouf" qui pille les chercheurs ?", l'Obs, le 18 octobre 2012 à 19h18, article archivé sur Wikiwix Archives à l'adresse https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Frue89.nouvelobs.com%2Frue89-culture%2F2012%2F10%2F18%2Fle-cnrs-pignouf-qui-pille-les-chercheurs-236285, consulté le 11 mai 2026 à 16h47
  5. Christine Siméone, "Que reste-t-il de l'internet libre ?", article publié sur Radio France le 17 février 2018 à 9h00, hébergé à l'adresse https://www.linkedin.com/in/olivierertzscheid/ et consulté le 12 mai 2026 à 13h28.
  6. Laurent Costy, "Nouvelle déclaration d'indépendance du cyberespace", article paru dans la revue Vers l'Éducation Nouvelle n°584, éditions Céméa, 2021 et hébergé à l'adresse : https://yakamedia.cemea.asso.fr/univers/echanger/personnels-de-lintervention-sociale/nouvelle-declaration-dindependance-du-cyberespace, consulté le 16 mai 2026 à 20h04.